L’épargne pourrait-elle relancer l’économie en France ?

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Durant le confinement, les Français ont pu épargner, à cause de la restriction imposée. Mais, le spectre d’une récession pointe son nez. Par crainte de l’avenir, les ménages français préfèrent continuer à épargner. Cependant, pour être relancée, l’économie a besoin que la population recommence à consommer, donc à épargner moins.

L’après Covid19 de l’économie française

La crise sanitaire engendrée par la pandémie du Covid 19 a, certes, entraîné de grandes difficultés financières, mais le confinement a permis à une frange de la population de thésauriser son argent et d’augmenter d’une manière significative ses épargnes. La Banque de France estime un gonflement de l’épargne d’une soixantaine de milliards d’euros d’ici la fin du mois de mai. Déjà en mars 2020, les dépôts bancaires ont atteint 20 milliards d’euros environ. Beaucoup se posent la question si l‘État va effectuer des prélèvements dans l’assurance vie des particuliers ou sur les comptes courants, en vue de financer le programme de relance économique après l’épidémie du Covid 19.

En effet, pour la France, la facture du plan d’urgence de soutien à l’économie, englobant le recours au chômage partiel, s’élève à 100 milliards d’euros, au lieu des 45 milliards d’euros prévus. Un montant qui pourrait être revu à la hausse, avec le programme envisagé pour venir en aide aux domaines les plus touchés du secteur privé. À la fin de l’année 2020, la dette totale du pays est évaluée à 115 % du PIB.  Pour la rembourser, la plus simple des solutions serait de toucher à l’épargne des ménages. Si des députés socialistes préconisent un prélèvement de 0,5 % au niveau des assurances vies supérieures à 30 000 euros, des économistes avancent la possibilité de taxer les riches par impôts sur la fortune au niveau européen.

La consommation, une solution efficace pour relancer l’économie

Face à l’appréhension de la population, le gouvernement français rassure que ce ne sont pas les impôts qui financeront le remboursement de la dette, mais le retour de la croissance, grâce au retour à la consommation des ménages. Cependant, l’instauration d’un climat de confiance pour pousser les Français à acheter et contracter, à nouveau, des crédits, s’avère compliquée avec une taxe sur l’épargne. Une taxe, qui aura aussi pour conséquence, la réticence des Français à souscrire une assurance vie. Déjà, une tendance à vider les comptes épargne et garder l’argent à la maison se dessine de plus en plus. En outre, la taxe sur le patrimoine pour les plus nantis inciterait à l’exil fiscal et découragerait les investisseurs étrangers à venir en France.

Selon les analystes, aussi longtemps que la France emprunte à des taux très bas et que la Banque centrale européenne rachète en partie la dette de la zone euro, l’avenir n’est pas si sombre. Mais si la crise perdure et que la BCE ne peut plus éponger la dette, alors la hausse des impôts dans l’hexagone est incontournable. Il est donc dans l’intérêt du gouvernement et des ménages français de débloquer les épargnes pour un retour à la consommation.