Les compagnies d’assurance et l’après confinement

assurance

La pandémie du COVID-19 n’a épargné aucune entreprise.  Beaucoup ont dû fermer boutique et plusieurs se retrouvent à bout de souffle à la sortie du confinement. Force est de se retrouver face à la réalité : les pertes en chiffres d’affaires sont considérables. Et malgré les assurances contre les pertes d’exploitations, contractées sous certaines conditions, les mesures prises diffèrent d’une compagnie d’assurance à une autre.

Les cas de pertes d’exploitation couverts par l’assurance

Deux cas de pertes d’exploitation sont couverts par l’assurance contractée par une entreprise :

  • Suite à l’existence d’une cause contractuelle, sans dommage matériel
  • La perte d’exploitation subordonnée à un dommage.

Mais qui aurait pu prédire qu’une pandémie passerait par là, entraînant une fermeture administrative généralisée dans tout le pays ? Du coup, il a été remarqué que la majorité des contrats souscrits ont été « maladroitement rédigés », excluant l’évènement d’épidémie. Ce qui a amené l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Rédolution), l’autorité qui supervise le secteur assurantiel, a appelé à la prudence les bancassureurs, quant à leur volonté à indemniser leurs clients professionnels pour leur perte d’exploitation. Par son communiqué du 21 avril 2020, il rappelle que les contrats souscrits excluent les risques pandémiques sous-jacents.  Indemniser leurs clients équivaudrait à mettre en péril leurs fonds propres.

L’état des lieux à la sortie du confinement

Même sans chiffres, l’impact de la pandémie du COVID-19 est considérable sur le résultat d’exploitation de toutes les entreprises, quelle que soit leur envergure. Les pertes sont là, inéluctables, allant de dizaine de milliers d’euros à des millions d’euros, tous secteurs confondus : restauration, transport, usine de fabrication, boulangerie, magasin et tous les autres… Peuvent-ils tous espérer d’être indemnisées par leur assureur ? C’est la grande question qui se pose à la sortie du confinement et à la reprise, toutefois incertaine, de leurs activités.

Et les compagnies d’assurance, prime de relance ou indemnisation ?

Également impactées par la pandémie du COVID-19, les compagnies d’assurances ne restent cependant pas les bras croisés et veulent rester solidaires avec leurs assurés. Mais leurs actions sont divisées. Certaines ont décidé de verser à ceux qui ont souscrit une assurance multirisque professionnelle, pertes d’exploitation comprise, une prime de relance. A l’exemple de BPCE, Generali France et MAAF. Cette dernière a avancé la somme de 190 millions d’euros, pour indemniser ses clients restaurateurs qui auraient souscrit à cette clause. D’autre part, la facture du Crédit Mutuel-CIC, s’élèverait à environ 2 milliards d’euros en termes d’indemnisation pour ses quelques 30 000 clients. Mais pour réduire cette facture, suite à un contrat « maladroitement rédigé », elle leur aurait proposé une prime de relance qui se chiffre en moyenne à 7 000 euros par assuré. 

Les compagnies d’assurance se doivent d’être prudentes dans leurs actions à la sortie du confinement. D’autant plus que les pertes d’exploitations des entreprises liées à l’épidémie du Covid 19 s’élèveraient à quelques 60 milliards d’euros, un chiffre record que la fédération française de l’assurance s’estime incapable d’indemniser…  Affaire à suivre…